countermap.land lance un appel de déclarations d’intérêt

Phase d’engagement – Ateliers de contrecartographie

La contrecarte tracée collectivement de ce territoire que nous appelons « Canada » sera enrichie continuellement et de manière pluraliste, pour indiquer les manifestations spatiales des doctrines suprémacistes blanches ayant cours depuis plusieurs siècles dans les récits officiels sur la formation de la nation et la cartographie. La contrecarte, en ligne à countermap.land, permet aux internautes de situer et de documenter par des images et des textes des traumatismes liés à des sites (monuments, objets, bâtiments, structures), à des zones (parcs, rues, quartiers, infrastructure, voies navigables, zones géographiques) et à des évènements (souvenirs, processus temporels) racistes et colonialistes. Les internautes peuvent également proposer des contremonuments et des solutions pour des lieux plus surs, de manière à faire connaitre les histoires de réparations et de guérison. 

Nous tenons pour acquis que les cartes et les méthodes cartographiques qui leur sont associées sont inséparables du projet de colonisation ; elles décrivent et segmentent l’espace en imposant des limites aux déplacements, en désignant les ressources à exploiter dans le paysage et en marquant l’étendue du pouvoir impérial. Nous souhaitons, par ce travail de contrecartographie, nous approprier ces outils et nous en servir pour construire de nouvelles histoires collectives. Ce projet sera toujours une œuvre en cours. Grâce à countermap.land, nous espérons non seulement remettre en question les données qui figurent ou ne figurent pas sur les cartes de ce qu’on appelle « le Canada », mais aussi revoir et réorienter l’utilisation de la carte elle-même en tant que technologie. 

countermap.land explore de nouvelles méthodes de rapatriement et poursuit des stratégies créatives, mises au point collectivement dans le but de répondre au tort réel fait aux personnes noires, autochtones et de couleur et aux membres de la communauté queer, quelles que soient leur race, leur classe sociale ou leur identité de genre. Ce portail deviendra un outil essentiel pour les architectes, les designers, les planificatrices et les planificateurs et les communautés, qui s’en serviront pour former un contrepouvoir apte à faire reconnaitre leur responsabilité aux structures coloniales ; il remanie l’espace à l’encontre des présupposés coloniaux généralement acceptés. 

Pour manifester votre intérêt

Veuillez nous faire parvenir un courriel correspondant à une lettre d’une page environ. Nous pouvons aussi organiser un appel téléphonique d’une vingtaine de minutes avec vous pour recevoir l’information demandée. Pour déclarer votre intérêt ou fixer un rendez-vous téléphonique, écrivez-nous à countermap.land@gmail.com.

Votre déclaration devrait répondre aux questions suivantes :

  • Qui êtes-vous ? 
  • Quelles sont la mission, la vision et les valeurs qui animent votre organisme, votre groupe ou votre collectif ? 
  • Quelles régions espérez-vous couvrir et servir avec votre atelier ?
  • Qu’est-ce qui vous intéresse dans le fait d’organiser un atelier pour le projet countermap.land ? 
  • Parlez-nous d’un projet d’envergure semblable (5 000 $) que votre organisme, votre groupe ou votre collectif a mené à terme récemment. Comment s’est déroulée l’expérience et quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
  • Quelle relation entretenez-vous avec les communautés autochtones urbaines ou les communautés autochtones du territoire de votre région ?
  • Dans votre région, quelles communautés devront surmonter les plus grands obstacles pour participer à votre atelier ? Quelles sont vos stratégies pour les accueillir ?
  • Combien de personnes participeront à votre atelier ?
  • Enfin, prévoyez-vous de modifier de manière importante l’un ou l’autre des éléments du budget proposé ci-dessus pour l’atelier ? Si oui, comment dépenserez-vous votre microsubvention aux fins du déroulement de l’atelier ?

Veuillez faire parvenir votre manifestation d’intérêt à countermap.land@gmail.com.

  1. B. À cette étape du projet, pour être admissibles, les centres d’artistes autogérés, les collectifs et les groupes doivent être établis dans l’espace géographique qui correspond au Canada. countermap.land exerce ses activités à l’intérieur de ces limites pour l’instant, mais les plans en vue de son développement prévoient d’étendre sa portée au-delà des frontières nationales.

Toutes les manifestations d’intérêt seront analysées par le personnel de l’ARCA et le comité directeur de l’Architecture Lobby Tkaronto pour le projet countermap.land. Pour cette première série d’ateliers d’engagement dans le projet countermap.land, nous visons la diversité géographique à travers le pays appelé Canada, de même qu’un éventail pluraliste de communautés aptes à relever le défi d’une mise sur pied collective du portail. Si, à ce point du projet, votre organisme n’est pas sélectionné parmi les 15 qui recevront une microsubvention, votre déclaration d’intérêt sera conservée dans nos dossiers pour nous aider à déterminer nos objectifs de financement de telle sorte que nous puissions à l’avenir satisfaire la demande pour des partenariats et de l’implication auprès de countermap.land.